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Site officiel de l'auteur érotique : Octavie Delvaux

Sex and the TV, les scènes censurées

soumiscouillesComme celles et ceux qui ont déjà lu les extraits gratuits de Sex and the TV (comment, vous n’étiez pas au courant ? c’est et  et aussi  ), le savent déjà, la scène inaugurale du roman nous présente une Déborah en pleine séance de domination, qui décide de se distraire en prenant le thé à sa manière, je cite :

« Ne sachant plus que faire pour rompre sa mélancolie, Déborah décida de prendre le thé. Mais pas n’importe comment, dans les règles de l’art ; c’est à dire, sur le dos du soumis à quatre pattes devant elle. Pourquoi user de mobilier quand un homme peut s’y substituer ? Il reçut l’ordre d’aller quérir le service à thé avant de se mettre en position, un plateau en laque du Japon sur le dos. Le meilleur Darjeeling first flush, que Déborah se faisait rapporter d’Inde par un négociant adepte de bondage, infusait dans la théière, pendant qu’un air des Noces de Figaro passait sur la chaîne hi fi.  Le soumis, fier d’être d’une si charmante utilité à sa Maîtresse, faisait une table basse fort honorable. »

Eh bien figurez-vous que si, aujourd’hui, je trouve ce passage délicieux et tout à fait en accord avec le tempérament de Déborah, ce n’était pas exactement ainsi, dans le premier jet du manuscrit, que la dominatrice prenait le thé. Oh il y avait toujours le Darjeeling, le service à thé, le soumis porte-plateau, et la musique classique pour accompagner le rituel, mais un détail, oh, un tout petit détail différait : au lieu d’être posé sur le dos de bonhomme, le plateau d’osier à anses était suspendu à ses couilles au moyen d’une cordelette qui les ligaturait et pendait entre ses cuisses. Déborah, blagueuse comme on la connaît, et un chouia sadique, posait ensuite un à un les éléments du service à thé sur le plateau, ajoutant à chaque fois un poids supplémentaire. Attendez, je vous retrouve un passage, pour vous donner une idée :

« Cette fois-ci, la dominatrice décida de « prendre le thé » sur le plateau d’osier. À cette fin, elle disposa d’abord une tasse en porcelaine, puis un sucrier, et enfin le petit pot de lait. À chaque nouvel élément ajouté, elle levait les yeux vers le soumis pour lire dans son regard l’effet que le poids supplémentaire provoquait. Au premier objet, ce fut un froncement de sourcil, au second, une légère grimace. L’homme avait l’air d’apprécier le traitement. Il était résistant et combattif… Pourtant, il couina sous son bâillon lorsque la dominatrice versa le lait dans le petit pichet. »

Avouez que c’est mignon, ou, à tout le moins, rigolo. Hélas, ma directrice éditoriale a un peu tiqué lorsqu’elle a lu le manuscrit et m’a dit : « pour une scène inaugurale, c’est quand même un peu hard, tu sais, je lis beaucoup de choses, mais là, j’ai vraiment grimacé en imaginant la douleur du pauvre type ».

Ah cette chère Anne, sa compassion la perdra… Je lui ai fait remarquer que non, ce n’était pas si douloureux que ça, mais plutôt (très ?)inconfortable et lourd, mais bon, j’ai dû me rendre à l’évidence : un lectorat non averti pourrait sans doute être rebuté par cette charmante saynète, et j’ai décidé de suivre la voix de la raison : j’ai modifié le rituel du thé, et c’est ainsi que le soumis est devenu, non plus point de suspension, mais table basse.

Puisqu’on en est aux confidences, il y a une autre scène SM (excusez-moi, je n’arrive vraiment pas à me faire à l’expression BDSM, ça ne me revient pas, c’est comme ça, je trouve ça convenu, surfait et surtout ça tend à vouloir normaliser ou codifier quelque chose qui somme toute n’est pas normal et c’est tout ce qui en fait son charme) du premier jet qui a été ôtée de la version finale. Pas vraiment parce qu’elle était trop hard, mais plutôt par ce qu’elle pouvait induire en erreur le lecteur ou le dérouter… Toujours est-il que je la garde au chaud et je verrai ce que j’en ferai… La réutiliser plus tard, ou l’offrir un jour aux fans, comme un « bonus » composé de scènes coupées… Affaire à suivre.

Pour conclure cet article, je tiens tout de même à signaler que je bénéficie d’une grande, voire d’une quasi totale liberté d’écriture chez La Musardine (et Dieu sait pourtant, que j’en écris des trucs débiles ;-)) et que ce que l’on me propose l’éliminer ou de changer relève davantage du conseil avisé que de la censure.

Un commentaire

  1. Super livre, et super auteur:c’est fait par une femme et c’est ça qui est bien, savoir ce que pense les femmes à propos des hommes, je dis ça par ce que je suis célibataire et grand amoureux des femmes.

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